Le soleil et la dolce vita de Rome, les musées et les cafés de Paris, l’énergie de New York, le Bosphore d’Istanbul, les écoles suédoises, et, tant qu’à faire, un immense parc et deux plages… Voilà comment les Parisiens voient leur ville idéale. Le cabinet de conseil en intelligence sociale Happycurious a demandé à 800 habitants de la capitale française, choisis sur un échantillon représentatif, de plancher sur ce qui serait pour eux la métropole rêvée.

Et derrière leurs crayons, les Parisiens ne se sont pas privés de rêver. Une ville idéale est d’abord pour eux, une belle ville, pourvue de monuments historiques. Mais la nature doit également être omniprésente. "Il y a le fantasme de la campagne au bout de chez soi", explique Godefroy Pizon, directeur d’étude chez Happycurious. "Les Parisiens attendent de leur ville qu’elle bouillonne d’activités. Mais une fois rentrés dans leur quartier, ils veulent se sentir dans "leur" village, où ils connaissent leur voisin. Le commerce de proximité joue un rôle central." Cette ville idéale doit aussi garder sa singularité. "Les sondés expriment le regret qu’aujourd’hui, on trouve les mêmes enseignes partout, avec une perte de la diversité culturelle et identitaire", explique Godefroy. Enfin, côté ambiance, les Parisiens sont désireux d’une "sociabilité forte", à l’image des villes du Sud… tout en gardant le mode de vie actif des métropoles anglo-saxonnes.

 

 

Deux plages et l'océan à côté

Leur ville rêvée est donc un savant équilibre entre tradition et modernité, effervescence et de vie de quartier. La carte qui en résulte a la forme d’un Paris largement redessiné. "La capitale française a de bons atouts, à la fois pour sa taille humaine, sa beauté architecturale et sa culture, mais aussi la richesse de sa vie sociale et de quartier, et la place de la gastronomie liée à son art de vivre", indique Godefroy. Mais les sondés pointent des choses à améliorer : "Il manque une excentricité. Paris est jugée trop "chaste", à côté de New York ou Moscou, bouillonnantes et imprévisibles", estime Godefroy. Les causes ? Le fait, selon les sondés, que la capitale française est trop "compartimentée", socialement et culturellement. Manque aussi l’impulsion créative. "Le doute s’installe sur la capacité de Paris à attirer de nouveaux artistes, à être à l’avant-garde, à la différence de Berlin, Istanbul ou Moscou." De même, le dynamisme économique n’est plus en France, mais Londres ou New York. 

Dans leur dessin, les Parisiens sondés ont pioché à droite à gauche pour créer une ville bordée à l’Est par un grand espace vert, à l’Ouest par la mer. Le centre de la métropole est constitué d’un immense parc, mélange des Buttes-Chaumont, de Central Park et de Hyde Park, entourée par six grands quartiers, aux allures du Marais, ou de l’East village, des quartiers réputés pour leurs petits commerces et ambiances de village. Le transport est silencieux, se faisant en vélo, bus, tramway. Les grands monuments et musées sont conservés : Moma, musée du Prado, place Rouge de Moscou, ou encore le pont Alexandre III qui donne… sur une plage. Ils imaginent une vie "collaborative", où chacun peut décider dans son quartier, où les divisions sociales s’estompent, sous un grand soleil le jour, et qui reste vivante la nuit. Utopiques, les Parisiens ? On peut rêver…

Enquête réalisée par happycurious pour Mastercard, effectuée par entretien sur 800 personnes voyageant au moins 4 fois par an en avion, du 26 janvier au 6 mars 2015.